Avertissement : Ce témoignage reflète l’expérience personnelle d’une personne atteinte d’un cancer de la vessie. Il est partagé dans le but de sensibiliser et de faire découvrir différents points de vue. Il ne constitue pas un avis médical et ne reflète pas nécessairement les opinions, politiques ou positions de Cancer de la vessie Canada. Chaque parcours de vie en matière de santé est unique, et les symptômes, les diagnostics et les traitements peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre. Si vous présentez des symptômes ou avez des inquiétudes concernant votre santé, veuillez consulter votre médecin ou un professionnel de la santé qualifié.

J’ai reçu un diagnostic de cancer de la vessie après avoir constaté la présence d’une quantité importante de sang dans mon urine. En y repensant, je me rends compte que certains signes étaient déjà présents, mais ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai compris que la situation était peut-être grave. Je suis extrêmement reconnaissante que mon médecin ait pris mes symptômes au sérieux et ait agi rapidement pour m’offrir les soins dont j’avais besoin.
Au début du mois de janvier, alors que je me remettais d’une mauvaise grippe, j’ai remarqué quelque chose d’alarmant : la présence de sang dans mon urine. J’avais déjà remarqué des traces auparavant, mais je les avais attribuées à des saignements entre les règles. En tant que femme dans la quarantaine avec des antécédents de FIV, un parcours post-partum compliqué et ce qui semblait être des fluctuations hormonales sans fin, je pensais qu’il s’agissait simplement d’un autre épisode dans mon histoire reproductive. Je n’avais aucune idée que des tumeurs se développaient silencieusement à l’intérieur de mon corps.
Cela faisait des mois que je souffrais de pression pelvienne et d’une fatigue inexpliquée. Mon médecin m’a fait passer divers examens et m’a même remis une requête pour une échographie en novembre 2024, que je n’ai jamais faite. Je me suis dit que je commençais ma périménopause ou que c’était un problème gynécologique. Je n’ai même jamais pensé que je pouvais être atteinte d’un cancer.
La situation a changé de façon radicale au début de l’année 2025, lorsque j’ai constaté la présence de gros caillots et de sang visible. C’était terrifiant, impossible à ignorer. Je me suis rendue à l’urgence, pensant qu’il s’agissait probablement de calculs rénaux. Au lieu de cela, le médecin a dit : « Cela pourrait être un cancer. » Ce mot m’a frappé comme un coup de massue.
À partir de ce moment, tout s’est déroulé très rapidement : analyses sanguines, tomodensitométrie (CT-scan), échographie. Un gentil technicien m’a autorisée, en toute discrétion, à faire entrer mon enfant dans la salle, même si cela était contraire au protocole. Puis la nouvelle est tombée : une masse dans ma vessie. J’ai dû attendre encore deux semaines avant de passer une cystoscopie, mais j’ai consacré ce temps à faire toutes les recherches possibles pour me préparer à ce qui m’attendait.
Lorsque j’ai enfin rencontré l’un des meilleurs urologues de la région, je me suis retrouvée dans une salle d’attente remplie d’hommes âgés. Cela m’a frappé de plein fouet : je ne correspondais pas du tout au profil type. Je n’aurais jamais imaginé qu’une personne comme moi puisse être atteinte d’un cancer de la vessie. Mais c’était le cas. Le diagnostic a été confirmé et une intervention chirurgicale visant à retirer les tumeurs a été planifiée.
La procédure de RTUTV devait être simple, mais cela n’a pas été le cas. Allongée sur le lit d’hôpital, attendant d’être conduite au bloc opératoire, je me sentais invisible, juste une patiente parmi tant d’autres, un jour comme les autres. Cela semblait irréel, comme une scène de film. Ensuite, l’anesthésie a fait effet, et tout est devenu noir. À mon réveil, j’avais très mal, ce à quoi je ne m’attendais pas.
La convalescence a été beaucoup plus difficile que je ne l’avais imaginé. J’ai eu besoin d’une sonde urinaire pendant une semaine entière, et rien de ce que j’avais lu ne m’y avait préparée. J’ai compris plus tard pourquoi la douleur avait été si intense : des tumeurs recouvraient 60 % de ma vessie. La résection avait été importante.
Et ensuite, j’ai enfin été soulagée. Premièrement : le cancer ne s’était pas propagé. Puis, une nouvelle encore meilleure : il était de bas grade et non invasif.
Six semaines après l’opération, je ne me sens toujours pas moi-même. Le chemin du rétablissement n’est pas toujours linéaire. Mais je suis là. J’ai de la chance. Et je suis profondément reconnaissante pour les soins que j’ai reçus, la rapidité de l’intervention médicale et le soutien indéfectible de ma famille et de mes amis.
Cela fait désormais partie de ma vie : je devrai passer régulièrement des examens médicaux et je vivrai avec la peur que cela revienne. Et je suis encore en train de me délester du stress insidieux que j’ai accumulé pendant toute cette période, en faisant semblant que tout allait bien.
S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est bien celle-ci : écoutez votre corps. N’attendez pas. Prenez soin de vous, même quand c’est difficile de le faire. Surtout dans ces moments-là.







