Avertissement : Ce témoignage reflète l’expérience personnelle d’une personne atteinte d’un cancer de la vessie. Il est partagé dans le but de sensibiliser et de faire découvrir différents points de vue. Il ne constitue pas un avis médical et ne reflète pas nécessairement les opinions, politiques ou positions de Cancer de la vessie Canada. Chaque parcours de vie en matière de santé est unique, et les symptômes, les diagnostics et les traitements peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre. Si vous présentez des symptômes ou avez des inquiétudes concernant votre santé, veuillez consulter votre médecin ou un professionnel de la santé qualifié.
Les premiers signes
En mai 2002, mon partenaire de tennis en double et moi voyagions dans les Maritimes, participant à des tournois amateurs et faisant de notre mieux pour rester hydratés sur la route. Un jour, nous nous sommes arrêtés sur un chemin rural tranquille en Nouvelle-Écosse pour une pause rapide. Quand il faut y aller, il faut y aller.
Je ne m’attendais à rien d’inhabituel. Mais au lieu d’une urine claire, j’ai vu un jet rouge vif. Je me suis dit : mais qu’est- ce que c’est ça? Est-ce que je me suis blessé en allant chercher une balle? Est-ce que c’est juste un cas isolé?
Je n’ai rien dit. J’ai remonté ma fermeture éclair, je suis remonté dans la voiture et nous avons continué. Je ne voulais pas interrompe notre voyage ni inquiéter mon partenaire. La fois suivante, tout semblait normal. Clair. Pas d’odeur. Aucun problème. Je me suis donc convaincu que ce n’était rien.
Quelques mois plus tard, de retour chez moi à Nelson, en Colombie-Britannique, c’est arrivé de nouveau. Cette fois, je ne l’ai pas ignoré. J’ai appelé mon médecin tout de suite. Cela a mené à des tests. Puis d’autres tests. Puis des biopsies. Et ensuite sont venus les mots que personne ne veut entendre : cancer. Cancer de la vessie stade 3.
Se préparer pour une chirurgie et un triathlon
En août 2002, à 48 ans, je me préparais pour une chirurgie pour enlever ma vessie. Un mois plus tôt, je me retrouvais au bord du lac Kootenay, prêt à participer à mon premier triathlon sprint.
J’avais décidé de me mettre en meilleure forme possible avant la chirurgie. Un ami m’a suggéré un groupe d’entraînement pour un triathlon et, à ma grande surprise, mon médecin m’a encouragé. Après six semaines d’entraînement, j’étais là, aligné tout au fond du groupe, nerveux non pas à cause de la course, mais à cause de mon cathéter et de sa tenue.
J’ai terminé en dernier. Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, la plupart des gens étaient déjà au BBQ d’après course. J’avais nagé 750 mètres, fait 22 kilomètres à vélo et complété tant bien que mal une course de 5 kilomètres. J’étais épuisé, endolori et émotif, mais ma femme, mes filles et quelques autres étaient là pour m’encourager. J’avais besoin de câlins… et d’une bière. Mais j’ai terminé.
La vie après la chirurgie
En septembre, je me suis réveillé après la chirurgie et j’ai vu ma stomie pour la première fois. Une ouverture rouge vif sur mon côté, reliée à un sac de drainage. Je me souviens avoir pensé : alors, c’est ça ma vie maintenant? Ce n’était pas facile à accepter. Le soutien était limité et il m’a fallu du temps pour m’adapter. Mais éventuellement, j’ai décidé que la vie continuerait, aussi belle sinon meilleure qu’avant.
J’ai appris tout ce que je pouvais sur la vie avec une urostomie. Je me suis remis à nager, à faire du vélo et même à faire de la plongée sous-marine. Ce n’était pas toujours facile, mais avec le temps, c’est devenu ma nouvelle normalité.
Les voyages m’ont aussi appris quelques leçons. Lors d’un voyage de plongée à Cuba, j’ai glissé sur un bateau et je suis tombé directement sur ma stomie, ce qui m’a valu un retour imprévu au Canada en plein hiver, vêtu d’un t-shirt et de shorts. Cette expérience m’a rappelé quelques règles importantes :
- Emportez TOUJOURS des fournitures supplémentaires.
- Ayez un stylo cautérisant.
- Prenez le temps de vous habiller correctement si vous atterrissez quelque part en hiver.
- Ne tombez pas sur des bateaux de plongée.
- Acceptez que des pépins arrivent.
- Continuez à plonger. Et à vivre. Au fond, ce n’est qu’un petit trou sur le côté et un sac.
La vie est belle! Je suis en vie, et c’est déjà énorme comparé à l’alternative! Je vis au Canada, où je n’ai jamais reçu de facture pour quoi que ce soit lié au cancer. J’ai un excellent réseau de soutien. Et à 72 ans, je me réjouis à l’idée de vivre encore de nombreuses années.
Santé!







