Rédigé par Athul Rajagopal, étudiant aux cycles supérieurs à l’Université de Toronto et bénévole à Cancer de la vessie Canada.
Qu’est-ce que le syndrome de Lynch?
Le syndrome de Lynch est une maladie génétique qui augmente le risque de développer plusieurs types de cancer, particulièrement à un jeune âge. Le syndrome de Lynch est causé par des mutations de gènes qui participent à la réparation de l’ADN, en particulier à la réparation des mésappariements. Normalement, ces gènes participent à la réparation de l’ADN endommagé et contribuent à maintenir les cellules en bonne santé. Mais lorsque ces gènes impliqués dans la réparation des mésappariements ne fonctionnent plus correctement, davantage de mutations peuvent s’accumuler, augmentant ainsi le risque de croissance cellulaire incontrôlée et de formation de tumeurs. Comme cette maladie héréditaire peut perturber le système de réparation de l’ADN, les dommages à l’ADN peuvent s’accumuler beaucoup plus rapidement que dans la population générale, augmentant ainsi le risque de développer un cancer à un plus jeune âge.
Le syndrome de Lynch et le risque de cancer de la vessie
Bien qu’il soit fréquemment associé aux cancers de l’endomètre et colorectal, le syndrome de Lynch est aussi fortement associé au développement du cancer de la vessie, avec un risque 7,5 fois plus élevé que dans la population générale. De plus, le carcinome urothélial des voies urinaires supérieures est le troisième cancer le plus fréquent parmi ceux associés au syndrome de Lynch. Malgré le lien établi entre le syndrome de Lynch et le cancer de la vessie, il existe encore un manque important de connaissances quant à la nature exacte de ce lien. Des données récentes suggèrent que la mutation du gène MSH2 dans le syndrome de Lynch est la plus fortement associée au cancer de la vessie, dont la prévalence est plus élevée au sein des familles touchées par une mutation du gène MSH2 que dans la population générale. Toutefois, les mécanismes biologiques sous-jacents au cancer de la vessie demeurent mal compris, d’où la nécessité de mener des recherches propres à ce cancer dans le contexte du syndrome de Lynch.
Dépistage génétique et détection précoce
Heureusement, grâce aux progrès de la biologie médicale, le dépistage génétique héréditaire du syndrome de Lynch s’est considérablement amélioré. Les approches modernes ont permis une détection plus précise et plus précoce des mutations génétiques associées au syndrome de Lynch, ce qui a ouvert la voie à des stratégies proactives et préventives de prise en charge du cancer. L’amélioration du dépistage chez les membres de la famille a aussi permis de repérer les personnes susceptibles d’être porteuses du syndrome de Lynch, contribuant ainsi à améliorer davantage la prévention et la prise en charge. Dans le contexte clinique du cancer de la vessie, la détection précoce du syndrome de Lynch permet une prise en charge et une surveillance plus proactives, notamment au moyen d’analyses d’urine et de cytologies urinaires, ce qui favorise la détection précoce des tumeurs chez les patients plus jeunes. De nouveaux tests urinaires récemment mis au point se sont également révélés prometteurs pour le dépistage des cancers des voies urinaires chez les patients ayant reçu un diagnostic de syndrome de Lynch, permettant ainsi la détection non invasive de tumeurs à un stade précoce.
Traitement : immunothérapie et médecine de précision
Bien que la surveillance soit très efficace pour le dépistage précoce, les cancers urothéliaux liés au syndrome de Lynch peuvent néanmoins évoluer rapidement et être agressifs. Le traitement des tumeurs de la vessie liées au syndrome de Lynch combine les interventions urologiques standards à une immunothérapie spécialisée, une forme de traitement qui aide le système immunitaire à attaquer les cellules cancéreuses. Les cancers liés au syndrome de Lynch présentent des taux de mutation élevés, qui constituent des signaux importants que le système immunitaire est capable de reconnaître. L’immunothérapie exploite cette propriété en aidant le système immunitaire à combattre et à éliminer les cellules cancéreuses. Il s’agit d’un excellent exemple de la manière dont la recherche a favorisé le développement de la médecine personnalisée, grâce à laquelle les patients atteints du syndrome de Lynch bénéficient grandement de traitements guidés par leur profil génétique. Grâce à des recherches plus approfondies, nous espérons pouvoir combler ces lacunes afin de comprendre pourquoi les cancers de la vessie sont fréquents chez les personnes atteintes du syndrome de Lynch, ce qui pourrait contribuer à améliorer leur prise en charge et leur prévention.
Foire aux questions (FAQ)
Qu’est-ce que le syndrome de Lynch?
Le syndrome de Lynch est une maladie génétique héréditaire. Il augmente le risque de développer plusieurs types de cancer, dont le cancer de la vessie, souvent à un plus jeune âge.
Dans quelle mesure le syndrome de Lynch augmente-t-il le risque de cancer de la vessie?
Le syndrome de Lynch multiplie par environ 7,5 le risque de développer un cancer de la vessie par rapport à la population générale.
Quelle mutation génétique du syndrome de Lynch est la plus étroitement liée au cancer de la vessie?
Parmi les mutations génétiques associées au syndrome de Lynch, la mutation du gène MSH2 est celle qui présente le lien le plus étroit avec le cancer de la vessie.
Comment traite-t-on le cancer de la vessie lié au syndrome de Lynch?
Le traitement combine les interventions urologiques standards et l’immunothérapie. L’immunothérapie aide le système immunitaire à repérer et à attaquer les cellules cancéreuses.
Références
- Lynch syndrome: 10 things to know about this genetic condition | UT MD Anderson. https://www.mdanderson.org/cancerwise/qa-understanding-and-managing-lynch-syndrome.h00-158589789.html
- Nassour, A.-J. et al. Relative Risk of Bladder and Kidney Cancer in Lynch Syndrome: Systematic Review and Meta-Analysis. Cancers (Basel) 15, (2023).
- van der Post, R. S. et al. Risk of urothelial bladder cancer in Lynch syndrome is increased, in particular among MSH2 mutation carriers. J. Med. Genet. 47, 464-470 (2010).
- Moussa, M. J. et al. Immune checkpoint inhibitors (ICIs) in advanced upper tract urothelial cancer (UTUC) with mismatch repair deficiency (dMMR) or microsatellite instability (MSI). JCO 43, 818-818 (2025).







