Rédigé par Ali Hamade, étudiant en médecine à l’Université Dalhousie et bénévole auprès de Cancer de la vessie Canada.
Lorsque l’on vous annonce que vous pourriez être atteint d’un cancer de la vessie, chaque examen peut vous sembler urgent. De nombreuses personnes craignent que, si elles ne passent pas certains examens d’imagerie, quelque chose puisse passer inaperçu. Cette crainte est compréhensible. Au Canada, cependant, les examens d’imagerie sont généralement choisis avec soin. Chaque examen permet de répondre à des questions différentes. Certains permettent de déterminer la cause de la présence de sang dans l’urine. D’autres permettent de déterminer si le cancer s’est propagé au-delà de la vessie. Certains sont utilisés lorsqu’un autre examen ne fournit pas une image suffisamment claire ou lorsqu’une personne ne peut pas recevoir un agent de contraste ou être exposée à des rayonnements supplémentaires. L’accès peut aussi varier en fonction de la province, de l’hôpital et des ressources en imagerie dont dispose votre établissement de santé local.
Il est important de noter que les examens d’imagerie ne remplacent pas la cystoscopie ni la RTUTV. Pour poser un diagnostic de cancer de la vessie, il faut encore aujourd’hui examiner directement l’intérieur de la vessie et analyser les tissus au microscope. C’est pourquoi il peut être nécessaire de réaliser de nouvelles cystoscopies ou de nouvelles RTUTV, même si vous avez déjà passé des examens d’imagerie.
Tomodensitométrie (TDM)
La tomodensitométrie (TDM) utilise des rayons X et un ordinateur pour produire des images détaillées en coupe transversale du corps. Dans le cas du cancer de la vessie, la tomodensitométrie (TDM) de l’abdomen et du bassin est couramment utilisée pour examiner l’appareil urinaire à la recherche de tumeurs ou d’obstructions et pour déterminer si le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques voisins, au foie ou aux tissus entourant la vessie. Une TDM du thorax peut aussi être réalisée si l’équipe de soins doit examiner les poumons.
Il s’agit de l’un des examens d’imagerie les plus couramment utilisés pour le cancer de la vessie, car il permet d’obtenir rapidement une vue d’ensemble. Il peut être utilisé au moment du diagnostic, de la stadification ou plus tard si l’on craint une récidive ou une propagation du cancer.
Urographie tomodensitométrique (uro-TDM)
L’urographie tomodensitométrique (uro-TDM) est un type particulier de TDM utilisé pour le cancer de la vessie qui permet d’examiner plus en détail les reins, les uretères et la vessie. Cet examen est particulièrement utile en cas de présence de sang dans l’urine, car il permet de rechercher des tumeurs ou d’autres causes de saignement dans l’ensemble des voies urinaires, et pas seulement dans la vessie.
C’est souvent pour cette raison qu’une uro-TDM est réalisée dès le début de la prise en charge. L’objectif n’est pas seulement d’examiner la vessie, mais aussi de s’assurer qu’il n’y a pas de problème ailleurs dans les voies urinaires.
IRM
L’IRM utilise des champs magnétiques et des ondes radio plutôt que des rayons X. Dans le cas du cancer de la vessie, l’IRM peut être utilisée pour obtenir des images plus détaillées des tissus mous et pour déterminer si le cancer s’est propagé au-delà de la vessie. L’IRM peut aussi s’avérer utile lorsque les résultats de la TDM ne sont pas clairs ou lorsque les médecins souhaitent obtenir des informations plus précises pour la stadification du cancer de la vessie et la planification du traitement.
Un examen connexe, appelé urographie par résonance magnétique (uro-IRM), est une forme spécialisée d’IRM qui permet d’examiner plus en détail les reins, les uretères et la vessie. Au Canada, cette technique est utilisée de manière plus sélective que l’urographie tomodensitométrique (uro-TDM) et est généralement réservée aux situations où l’uro-TDM n’est pas l’examen le plus approprié. Ainsi, bien que l’uro-TDM soit plus couramment utilisée, l’uro-IRM peut constituer une option intéressante dans certaines situations particulières.
Si votre médecin vous prescrit une IRM plutôt qu’une TDM, cela ne signifie pas qu’un problème est passé inaperçu. Habituellement, cela signifie que votre médecin souhaite obtenir des renseignements plus détaillés ou un type d’image différent afin de répondre à une question précise.
Échographie
L’échographie utilise des ondes sonores plutôt que des rayonnements. Il s’agit d’une méthode simple et non invasive permettant d’examiner les reins et la vessie. Une échographie permet parfois de détecter un gonflement, une obstruction ou toute autre anomalie apparente dans les voies urinaires.
Comme elle est facile à réaliser et ne nécessite pas l’utilisation d’un agent de contraste, l’échographie est souvent utilisée dès les premières étapes de l’évaluation. Cependant, elle présente certaines limites. Elle est moins sensible que la TDM pour détecter certaines petites tumeurs ou certaines anomalies des voies urinaires supérieures. C’est pourquoi une personne peut tout de même avoir besoin d’une cystoscopie ou d’une TDM, même si les résultats de l’échographie sont normaux.
Radiographie thoracique
La radiographie thoracique est un examen simple et rapide qui permet d’observer les poumons. Dans le cas d’un cancer de la vessie, cet examen peut être réalisé si les médecins souhaitent vérifier s’il s’est propagé au thorax. Comme cet examen est plus limité qu’une tomodensitométrie (TDM), il est généralement utilisé de manière sélective plutôt que comme examen principal de stadification pour tous les patients.
Tomographie par émission de positons (TEP)
Une tomographie par émission de positons (TEP) permet de mesurer l’activité des cellules à l’aide d’une petite quantité de traceur radioactif. Elle peut parfois aider à déterminer si le cancer s’est propagé. Cependant, dans le cas du cancer de la vessie, la TEP ne fait pas partie des examens réalisés systématiquement chez tous les patients. Elle est généralement réservée à certaines situations précises, notamment lorsqu’il y a un risque de métastases ou lorsque les autres examens d’imagerie ne fournissent pas toutes les réponses nécessaires. Elle n’est pas utilisée systématiquement dans le cadre du suivi après un traitement par BCG chez tous les patients.
Scintigraphie osseuse
La scintigraphie osseuse est différente du test de densité osseuse. En cas de cancer de la vessie, une scintigraphie osseuse peut être réalisée en présence de symptômes tels que des douleurs osseuses ou lorsque les analyses sanguines laissent croire que le cancer pourrait s’être propagé aux os. Cet examen n’est généralement pas réalisé de façon systématique chez tous les patients.
À l’inverse, l’ostéodensitométrie (ou « test de densité osseuse ») est utilisée pour mesurer la densité et la solidité des os, ainsi que pour dépister l’ostéoporose. Il ne s’agit pas d’un examen standard de stadification du cancer de la vessie.
Pourquoi des cystoscopies et des RTUTV de suivi sont parfois nécessaires
C’est l’une des questions les plus fréquentes. Pourquoi ne pas simplement faire des examens d’imagerie? La réponse est que le cancer de la vessie se développe souvent sur la paroi interne de la vessie, et que certaines tumeurs peuvent être petites, plates ou difficiles à évaluer complètement à l’aide des examens d’imagerie. La cystoscopie permet à l’urologue d’examiner directement la paroi interne de la vessie, tandis que la RTUTV fournit des échantillons de tissus nécessaires au diagnostic et à la stadification. Les examens d’imagerie sont très efficaces pour évaluer les reins, les uretères, les ganglions lymphatiques, les poumons, les os et les tissus entourant la vessie, mais ils ne remplacent pas l’examen direct ni la biopsie.
Délais d’attente pour les examens et les résultats liés au cancer de la vessie
L’une des choses les plus difficiles lors des examens de dépistage du cancer de la vessie, c’est l’attente. Au Canada, il n’existe pas de délai d’attente standard pour les examens d’imagerie ou leurs résultats. Le temps d’attente peut varier en fonction de votre lieu de résidence, de l’hôpital ou du centre d’imagerie où l’examen est effectué, du degré d’urgence de l’examen, ainsi que la disponibilité de l’équipement et du personnel dans votre région.
En règle générale, si votre équipe de soins vous a indiqué un délai, il est tout à fait raisonnable de communiquer avec elle une fois ce délai écoulé. Si aucun délai ne vous a été communiqué, il est raisonnable de faire un suivi après environ une semaine afin d’obtenir une mise à jour concernant votre rendez-vous. Si l’examen d’imagerie a déjà été effectué, mais que vous n’avez pas encore reçu les résultats, il est aussi raisonnable de faire un suivi environ une semaine après l’examen, à moins qu’on ne vous ait indiqué que les résultats seraient transmis plus tard. Si vos symptômes s’aggravent, il est préférable d’appeler plus tôt.
En résumé: comprendre le rôle des différents examens d’imagerie utilisés pour le cancer de la vessie
Dans le cas du cancer de la vessie, chaque examen a un rôle spécifique. La tomodensitométrie (TDM) et l’urographie tomodensitométrique (uro-TDM) sont souvent utilisées pour rechercher la cause d’un saignement et déterminer l’étendue de la maladie. L’IRM fournit des images différentes et parfois plus détaillées des tissus mous. L’échographie est moins invasive, mais ses possibilités sont plus limitées. Les radiographies thoraciques et les scintigraphies osseuses sont utilisées de manière sélective. La TEP peut être utile dans certaines situations, mais elle ne fait pas partie des examens de routine pour tous les patients. Enfin, aucun examen d’imagerie ne peut se substituer à la cystoscopie et à la RTUTV, car celles-ci demeurent essentielles au diagnostic et au suivi du cancer de la vessie.
Comprendre les différents examens d’imagerie utilisés dans le cadre du cancer de la vessie peut aider les patients à se sentir mieux informés et mieux préparés tout au long du processus de diagnostic, de stadification et de suivi. Si vous traversez les étapes du diagnostic ou du traitement d’un cancer de la vessie, Cancer de la vessie Canada met à votre disposition des ressources éducatives et du soutien pour vous aider à mieux comprendre votre parcours de soins.
Ressources
- Cancer de la vessie Canada. Symptômes et diagnostic du cancer de la vessie. Disponible sur : https://bladdercancercanada.org/fr/bladder-cancer/bladder-cancer-symptoms-and-diagnosis/
- Société canadienne du cancer. Diagnostic du cancer de la vessie. Disponible sur : https://cancer.ca/fr/cancer-information/cancer-types/bladder/diagnosis
- Société canadienne du cancer. Tomodensitométrie (TDM). Disponible sur : https://cancer.ca/fr/treatments/tests-and-procedures/computed-tomography-ct-scan
- Société canadienne du cancer. Imagerie par résonnance magnétique (IRM). Disponible sur : https://cancer.ca/fr/treatments/tests-and-procedures/magnetic-resonance-imaging-mri
- Association canadienne des radiologistes. Lignes directrices génito-urinaires. Disponible sur : https://car.ca/wp-content/uploads/2025/03/FINAL_Genitourinary-guideline.pdf
- Société canadienne du cancer. Échographie. Disponible sur : https://cancer.ca/fr/treatments/tests-and-procedures/ultrasound
- Société canadienne du cancer. Radiographie. Disponible sur : https://cancer.ca/fr/treatments/tests-and-procedures/x-ray
- Société canadienne du cancer. Tomographie par émission de positons (TEP). Disponible sur : https://cancer.ca/fr/treatments/tests-and-procedures/positron-emission-tomography-pet-scan
- Association canadienne des urologues. Lignes directrices de l’AUC. Disponible sur : https://www.cua.org/system/files/Guideline-Files/9096_Final.pdf
- Société canadienne du cancer. Scintigraphie osseuse. Disponible sur : https://cancer.ca/fr/treatments/tests-and-procedures/bone-scan
- Santé Ontario. Temps d’attente. Disponible sur : https://santeontario.ca/systeme/rapports/temps-dattente
- Santé Ontario. Méthodologie et notes sur la qualité des données. Disponible sur : https://hsihelp.ontariohealth.ca/hsi/assets/misc_doc/DI/DI%20Wait%20Time%20Methodological%20Note.pdf







